Aller au contenu principal
Ancrage territorial : semis de chêne dans un projet forestier accompagné par Atmosylva

Commande publique et engagements climat : l'ancrage territorial pour se démarquer

Le 30 septembre 2026, le salon Produrable consacrait une conférence à une question devenue centrale : « Ancrage local : quelle responsabilité territoriale pour les entreprises ? ». Relocalisation, attentes des citoyens, acceptabilité sociale : les entreprises sont attendues sur leur contribution locale et leur ancrage territorial. La conférence posait aussi la question des indicateurs : « comment mesurer concrètement la contribution d'une entreprise à son territoire ? »

La commande publique et les référentiels climat vont dans le même sens. Les entreprises qui s'ancrent dans le territoire où elles travaillent auront un temps d'avance. La forêt offre pour cela un terrain concret, mesurable et visible.

 

 

1. Ce que demandent la commande publique et les référentiels climat

1.1. La commande publique

Depuis le 21 août 2026, chaque marché public doit comporter un critère d'attribution environnemental et une clause d'exécution environnementale. C'est l'effet de l'article 35 de la loi Climat et Résilience, qui a modifié le code de la commande publique. Le critère unique du prix disparaît.

Le critère environnemental porte sur l'offre. Il doit être lié à l'objet du marché, à n'importe quel stade de son cycle de vie : matières premières, production, transport, utilisation, fin de vie. Le code cite expressément la biodiversité parmi les éléments que peuvent viser les critères.

Pour la construction publique, le code de l'environnement va plus loin. Son article L228-4 prévoit que la commande publique « prend en compte les exigences de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et de stockage du carbone ». À compter du 1er janvier 2030, les matériaux biosourcés ou bas carbone devront intervenir dans au moins 25 % des rénovations lourdes et des constructions publiques.

 

1.2. Les engagements volontaires des entreprises

Hors commande publique, les entreprises s'engagent de plus en plus dans des démarches climat volontaires.

La nouvelle norme SBTi, publiée en juin 2026, reconnaît le financement de la forêt comme une action climat à part entière, en complément de la réduction des émissions. Nous l'avons détaillé dans notre article SBTi V2 : réduire ses émissions et restaurer la forêt.

Le cadre de la contribution carbone forestière s'est par ailleurs clarifié en 2026. Les crédits carbone ne réduisent pas le bilan d'une entreprise : ils s'y ajoutent en parallèle. Nous l'expliquons dans La forêt française, une opportunité carbone au cadre clarifié, et plus en détail dans le Magazine des forêts n° 1.

 

deux cadres, une même direction

 

 

 

 

 

2. Un exemple : la construction bois

La construction bois illustre bien la façon dont une entreprise peut répondre à ces deux cadres.

En commande publique, le bois apporte des éléments concrets pour le critère environnemental, la clause d'exécution et les exigences de l'article L228-4 C. Environnement.

Dans le privé, il répond aux engagements de réduction de l'empreinte carbone : démarche RSE, trajectoire SBTi.

Fibois Île-de-France, l'interprofession régionale de la filière forêt-bois, recense plusieurs atouts :

  • Le carbone : le bois stocke du carbone, et réduit d'au moins moitié les émissions du chantier par rapport au béton (Carbone 4).
  • Le chantier : filière sèche, préfabrication, moins de nuisances. 75 % des déchets sont valorisés.
  • L'usage : isolation thermique et acoustique, matériau léger et recyclable.
  • L'origine : les certifications PEFC et FSC garantissent une gestion durable des forêts.

Le bois crée aussi un lien direct avec la forêt d'où il vient. C'est là que certaines entreprises choisissent d'aller plus loin.

 

 

3. Aller plus loin : l'ancrage territorial pour se démarquer

Répondre aux exigences est désormais attendu. Se démarquer suppose d'aller au-delà, de façon volontaire. Dans un marché public, cet engagement ne sera pas noté : il est pris en dehors de l'offre. C'est précisément ce qui lui donne du sens. L'entreprise agit parce qu'elle s'inscrit dans un territoire.

S'ancrer dans un territoire, projet par projet

 

3.1. Renouveler la forêt du territoire où l'on intervient

Une entreprise qui travaille dans une région ou un département peut choisir d'y soutenir un projet forestier :

  • financer des arbres plantés ou une régénération naturelle accompagnée ;
  • financer des réductions d'émissions certifiées par le Label bas carbone, issues d'un projet proche.

C'est le principe de la démarche « Un Immeuble Une Forêt », portée par Fibois Île-de-France. Elle s'adresse aux acteurs de la construction et de l'aménagement qui intègrent le bois dans leurs projets. Pour chaque opération immobilière, un projet de renouvellement forestier est financé.

L'opération pilote est Wood Up, un immeuble de 132 logements dans le 13e arrondissement de Paris. Selon Fibois, la démarche a permis de lancer cinq opérations, pour 20 hectares et 14 000 arbres plantés.

Atmosylva accompagne plusieurs de ces projets, financés par le promoteur REI Habitat,  en particulier à Saint-Martin-des-Champs (Yvelines), à Machault (Seine-et-Marne) et à Boran-sur-Oise (Oise), parmi de nombreux autres projets financés.

 

3.2. Soutenir l'adaptation des forêts au changement climatique

Les forêts françaises doivent s'adapter à un climat qui change vite. Pour cela, il faut tester, observer et comparer. Une entreprise peut choisir de contribuer à des projets qui expérimentent.

Atmosylva en accompagne plusieurs :

  • à Nassiet (Landes), un projet d'expérimentation et de régénération naturelle, pour des forêts plus résilientes ;
  • à Marines (Val-d'Oise) ;
  • à Amillis (Seine-et-Marne), un projet qui répond au dépérissement des frênes causé par la chalarose.

Soutenir ces projets, c'est contribuer à la connaissance dont toute la filière aura besoin demain.

Wood up

 

3.3. S'ancrer dans une filière

Cette démarche concerne toutes les entreprises, quel que soit leur secteur. Soutenir un projet forestier, c'est travailler avec les acteurs locaux de la filière forêt-bois : propriétaires, gestionnaires et experts forestiers, pépiniéristes, entreprises de travaux forestiers.

Les interprofessions régionales, comme Fibois Île-de-France, font le lien entre ces acteurs et les entreprises qui souhaitent s'engager.

 

3.4. Transmettre

Une forêt rend des services à tout un territoire : régulation de l'eau, protection des sols, biodiversité, paysage. Ces services concernent directement les collectivités et leurs habitants.

Les faire connaître fait partie de l'engagement. Chez Atmosylva, chaque contributeur reçoit un certificat et la fiche descriptive du projet soutenu. Il suit le projet pendant cinq ans, avec au moins trois fiches de suivi. Des visites de terrain et des participations aux plantations sont possibles.

Sur demande, avec une organisation dédiée, nous proposons aussi des visites pédagogiques avec des écoles.

Pour une collectivité ou une entreprise, c'est une occasion de parler concrètement de la forêt à ses équipes, à ses clients ou aux habitants. Les enjeux forestiers restent mal connus. Les voir sur le terrain change souvent le regard.

 

 

4. Se démarquer

La conférence de Produrable demandait comment mesurer la contribution d'une entreprise à son territoire. Un projet forestier apporte des réponses concrètes.

Il est situé sur une parcelle précise. Il se mesure en hectares, en arbres, en tonnes de CO2 vérifiées quand il est labellisé. Il se visite, et il se suit dans le temps.

Les textes fixent désormais un socle. L'ancrage territorial permet d'aller au-delà, de façon visible et vérifiable. C'est ce qui fera la différence.

 

 

 

Sources