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Acte 3 - SBTI - les entreprises qui ont un temps d'avance

Acte III : Les Entreprises qui ont un temps d'avance

Acte I : la France pose les bases. Acte II : l'Europe légifère. Acte III  le dénouement : les entreprises qui ne se contentent pas de suivre la réglementation, mais qui anticipent ce qui vient. Et ce qui vient, c'est un rendez-vous fixé à 2035, dont les forêts sont la clé.

 

Le SBTi : l'engagement volontaire qui devient la norme


La Science Based Targets initiative (SBTi) est aujourd'hui le standard international de référence pour les engagements climatiques des entreprises. Plus de 10 000 organisations dans le monde — dont 88 % du CAC 40 — ont pris des objectifs de réduction de leurs émissions alignés sur un scénario de réchauffement limité à 1,5°C. Les cibles couvrent les scopes 1, 2 et 3, sont vérifiées et publiées.


La version actuelle (V1.3) reste valide jusqu'à fin 2027. La version 2.0 deviendra obligatoire pour tout nouvel objectif dès janvier 2028. Elle introduit un mécanisme qui va changer durablement la place des forêts dans les stratégies climatiques des entreprises.


 

2035 : le rendez-vous que les entreprises visionnaires préparent dès maintenant


La V2.0 du SBTi introduit les OER (Ongoing Emissions Responsibility). À partir de 2035, les entreprises les plus engagées devront couvrir 40 % de leurs émissions courantes par des résultats vérifiés d'absorption ou de réduction, au-delà de leur chaîne de valeur. Et la science climatique est claire sur la place des forêts dans ce mix : en 2035, 83 % de ces absorptions pourront encore provenir de réservoirs à court terme comme les forêts — cette part ne tombera qu'à 59 % en 2050, quand les projets plantés aujourd'hui seront en pleine séquestration.


Dès 2026, les entreprises qui financent des crédits de haute qualité — dont le LBC — peuvent accéder au statut "Leader" SBTi v2, reconnaissance concrète d'un engagement au-delà du minimum requis.


Aujourd'hui, les crédits LBC s'inscrivent dans le cadre SBTi comme BVCM (Beyond Value Chain Mitigation) : une contribution volontaire au-delà de la chaîne de valeur. Solide, mais ce n'est que le début. Les projets forestiers lancés aujourd'hui seront en pleine séquestration active en 2035-2050, précisément au moment où les obligations OER deviendront contraignantes. 

Les entreprises qui construisent dès maintenant un portefeuille de crédits LBC forestiers se positionnent pour les obligations de demain.

 

La pénurie de crédits forestiers de qualité a déjà commencé


Anticiper 2035, ce n'est pas seulement préparer un rendez-vous réglementaire. C'est aussi répondre à une dynamique de marché déjà documentée aujourd'hui.


Selon le rapport MSCI de septembre 2025, la part des crédits de haute intégrité dans les retraits annuels est passée de 25 % en 2022 à plus de 35 % au premier semestre 2025. Les acheteurs intègrent désormais des seuils de qualité minimums dans leurs politiques d'achat, et pour la première fois, la demande dépasse l'offre sur ces tranches. Les projets à cycle long, comme le boisement et le reboisement, ne peuvent pas suivre.


Conséquence directe : l'écart de prix entre crédits de haute et basse intégrité a doublé en un an. Et les entreprises matures basculent massivement sur des contrats d'achat à terme pluriannuels pour sécuriser leur approvisionnement — les transactions de ce type sur les solutions fondées sur la nature ont plus que doublé entre 2024 et 2025.


Les crédits LBC forestiers cumulent précisément les attributs qui définissent la haute intégrité : cadre d'État, additionnalité vérifiée par auditeur indépendant, registre public, ancrage territorial français. Attendre, c'est risquer de ne plus trouver demain les volumes souhaités — ou de les payer plus cher.

 

📌 À retenir

  • Le SBTi réunit plus de 10 000 entreprises engagées sur des objectifs 1,5°C — dont 88 % du CAC 40. La V2.0 s'applique dès janvier 2028.
  • Les crédits LBC sont reconnus comme BVCM dans le cadre SBTi : une contribution volontaire vérifiée, au-delà de la chaîne de valeur.
  • À partir de 2035, les absorptions forestières seront éligibles aux OER obligatoires — le LBC forestier peut couvrir jusqu'à 83 % du mix d'absorptions en 2035, et encore 59 % en 2050.
  • Les projets lancés aujourd'hui seront en pleine séquestration en 2035-2050 : investir dans le LBC maintenant, c'est construire le portefeuille carbone de demain.
  • La pénurie de crédits forestiers de haute intégrité s'accentue : retraits passés de 25 % à 35 % depuis 2022, écart de prix haute/basse intégrité doublé en un an, contrats pluriannuels en forte hausse.

     

Fin de la saga — pour l'instant. Le cadre réglementaire continue d'évoluer : CRCF, SBTi V2 définitif, nouvelles méthodes LBC… D'autres chapitres s'écrivent. Restez connectés